L’Agora : la parole à Jean Damiens, directeur de l’École Supérieure de Transport (E.S.T.)

Bonjour Jean, alors quoi de neuf du côté de l’E.S.T. ?

Bonjour ! Je dirais qu’après avoir proposé depuis de nombreuses années une formation de manager en transport et logistique avec une approche multimodale et traitant de l’ensemble des dimensions du transport nous la complétons en lançant cette année, pour un démarrage en janvier prochain, un exécutive MBA en transports pour former les dirigeants de demain et perfectionner les cadres supérieurs.

 

Les dirigeants de demain ?

Dirigeants d’entreprises de transport, des prestataires, patrons de Business Unit, de divisions, membres de comité de direction mais également des patrons des transports de sociétés industrielles, de négoce et de distribution, lorsqu’ils souhaitent devenir responsable des transports au-delà d’un département, avec la prise en charge  d’une entité, d’une zone géographique voire au niveau ‘Corporate’ dans les grands groupes.

 

Quelles spécificités à ce MBA ?

L’une des spécificités est que les intervenants sont les dirigeants d’entreprises partenaires et leurs équipes d’expert en poste. À titre d’exemple, nous avons Schneider Electric, Sephora, Vente Privée.com, UPS, Danone, STVA, …elles sont 18 au total. L’idée est vraiment d’aller chercher les meilleures pratiques où elles sont. C’est une offre tout à fait en adéquation avec le besoin, que nous avons identifié sur le marché, et qui intéresse nombre d’anciens diplômés mais également tous les professionnels du transport qui veulent se perfectionner.

 

Cela s’adresse donc aux étudiants en master et à tout professionnel du transport. Vous risquez d’avoir du monde pour cette offre innovante, les postes sur lesquels votre formation débouche sont-ils très demandés ?

Alors, oui, cela s’adresse aux étudiants et professionnels, et ceux qui sont déjà diplômés.  A BAC+5 ou BAC+6, ils ne viendront pas pour le titre mais pour la qualification ; pour cette adéquation avec la réalité du marché. Quant aux demandes, je ne dirais pas qu’il y en a beaucoup au niveau du volume, on est quand même dans le haut de la pyramide managériale, donc ce n’est pas un grand nombre mais c’est une demande certaine.

C’est-à-dire que dans les grandes entreprises on aimerait que les futurs N°1 suivent des formations qui soient « métier », et au-delà des dimensions transport c’est vraiment le caractère « Executive MBA » qui va permettre à ceux qui travaillent chez les prestataires, par exemple, de mieux comprendre les dynamiques et les problématiques supply chain de leur donneur d’ordre. Ça c’est important.

 

Quel sera le contenu des cours ? Qu’est-ce qui différenciera ce MBA d’une école de commerce par exemple ?

Bien sûr, il y a la stratégie de management général et de direction, ce qui confère le caractère « Executive » à ce MBA. Cela dit, la stratégie et les décisions se font dans un environnement donné. Question typique : comment passer d’une stratégie produit à une stratégie de distribution et d’approvisionnement et comment le décliner en terme de transports ? Il s’agit là d’une approche spécifique de la stratégie donc ce que propose ce MBA est d’avoir une approche à la fois stratégique et sectorielle, c’est-à-dire en corrélation avec le métier. On a aussi ce qu’on appelle la boîte à outils du manager mais appliquées par des dirigeants d’entreprise du transport. Par exemple, le module de la gestion de crise sera assurée par le patron d’UPS, ou encore la gestion des ressources humaines sera expliquée par le DRH du groupe Charles André. Il s’agit donc de techniques ou de méthodes que l’on trouverait presque ailleurs mais appliquées par de grands professionnels de nos secteurs, de nos métiers. A cela s’ajoutent des modules qui sont vraiment des modules supply chain et expertise transport mais dans une vision qui est complémentaire à la vision opérationnelle et qui répondent aux questions comme « comment développer tel type d’offre, tel type d’activité ou d’opération au sein de mon entreprise ?».

 

Ça donne vraiment envie d’y aller ! A quel prix peut-on s’offrir une telle formation ?

Nous avons volontairement voulu rendre le MBA abordable, aussi, en comptant l’ensemble des cours ainsi que les sorties internationales, il faut compter environ 22.500€ HT. Il faut dire que nous avons une partie des cours qui seront délivrés chez nos partenaires à l’étranger, je pense ici au hub d’UPS à Cologne et la formation prévoit aussi 4 jours à Tanger avec STVA. Nous en profiterons pour visiter Tanger Med et plusieurs usines bien connues installées là-bas. Par ailleurs, plus de 60% des cours seront dispensés en anglais pour le lancement du MBA. A terme, c’est la totalité de la formation qui devrait être en langue anglaise.

 

Concernant ton métier peux-tu nous en dire deux mots ? Comme chef d’entreprise, comme directeur de l’E.S.T. ?

Pour ce qui est de la direction d’entreprise ce serait long de tout t’expliquer. Avant l’E.S.T. j’ai fait une carrière dans le transport et la logistique dans l’opérationnel,  fonctionnel, formateur, en charge de mises en place informatiques sur des postes variés y compris de manager ou de DG de sociétés service, donc ma vision par rapport à ça est d’avoir capitalisé sur ces acquis et d’avoir voulu les transmettre.

En soit, ce parcours (d’intégration par l’expérience) n’est pas propre à l’E.S.T. car pour moi si on fait de la formation, on fait de la transmission, c’est-à-dire de la transmission de savoir-faire, de savoir être, de techniques, d’approches, de Savoir en général pas que de la « boîte à outils ». D’ailleurs, une spécificité de l’E.S.T. est d’avoir 80% de ses intervenants qui sont des professionnels en poste, c’est donc du vécu que l’on transmet, de la réalité d’entreprise. Il y a un véritable référentiel de compétence, les élèves sont opérationnels sur le marché à leur sortie, qui plus est ceux qui sont déjà en poste. On a par ailleurs un taux de placement sur le marché du travail de 80%, les 20% restant étant d’ailleurs des étudiants qui veulent poursuivre leur formation avec l’acquisition de doubles compétences plutôt que d’intégrer directement le marché.

 

Y a-t-il eu des étapes clés dans ton parcours ?

D’une certaine façon oui, j’ai été formateur de managers et de dirigeants à l’AFT-IFTIM, dirigeant moi-même, ce qui m’a permis d’être connu et reconnu dans mon métier. Au-delà de ça il y a la passion pour la formation. Dans mes activités associatives, comme à l’AETL (Association des Anciens Elèves du Transport et de Logistique) ou à l’ASLOG Association Française pour la Logistique comme vice-président, j’ai toujours eu un œil ou une implication dans la formation. En ce sens, j’étais bien placé pour assumer mes fonctions actuelles.

 

Quelle perspective nouvelle as-tu sur ton avenir par rapport à ce poste et en général ?

Hé bien, entre le suivi des dispositifs mis en place et le lancement du MBA, je pense que les prochains mois seront intenses. Déjà, j’ai renouvelé la certification du titre, j’ai mis en place une V.A.E. (Validation des Acquis de l’Expérience) au sein du parcours E.S.T. ce qui est très intéressant pour les entreprises car c’est une façon pour leur collaborateur d’être reconnu mais aussi d’obtenir des attestation de capacité. Donc si tu ajoutes à cela que les besoins des entreprises sont en évolution notamment sur des collaborations à l’international, nous mettons d’ores et déjà en place des passerelles vers l’étranger avec d’autres établissements pour répondre à cela. Je pense que notre travail n’est pas achevé  et va nécessiter quelques années avant d’autres ambitions !

 

Est-ce que tu as des activités extra-professionnelles que tu pourrais nous faire partager ?

Je participe aux activités associatives de l’ASLOG et de l’AETL, bon certes c’est un peu professionnel. Sinon, lecture, cinéma, ski, randonnée, cuisine pour les amis occupent mes loisirs.. D’autres belles façons de s’occuper.

 

Qu’est-ce que tu penses du réseau TLTE ?

C’est une bonne initiative, par cette filière nous avons pas mal d’anciens qui sont passés par la Sorbonne, et ça se complète bien aussi avec des réseaux comme l’AETL. En tout cas c’est opportun de rassembler ; quitte ensuite à créer des passerelles avec d’autres ! Il y a pas mal de réseaux distincts et c’est vrai que c’est une première étape vers quelque chose qui devrait permettre de  fédérer les acteurs du secteur. Ce qui serait un vrai plus..

 

Qu’est-ce que tu aimerais y voir ?

Pour l’instant, je lance le MBA. Donc comme pour toi, je tisse et je sollicite le réseau pour que l’action fonctionne. Ce qui est intéressant c’est que chacun de ces efforts puissent être les pierres d’un édifice commun.

Tout à fait, nous y travaillons !

Et nous sommes le 28 mars, il est 14:30 et il neige à Paris !


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