Conférence Business Immo – l’AFILOG du 26.11.2013 Rencontre avec les candidats à la Ville de Paris

Business Immo et l’AFILOG organisaient le 26 novembre dernier une rencontre avec les candidates à la ville de Paris sur le thème de la logistique urbaine, durant laquelle les deux candidates auront répondu à tour de rôles aux questions clés du secteur.

Anne Hidalgo

Points clés :

  • En finir avec les grands entrepôts, les gros camions et le transit de poids lourds,
  • Démultiplier les solutions et exploiter davantage les sous-sol pour la logistique,
  • Objectif de 50 % de véhicules de livraison diesel en 2017,
  • Réduire le stationnement de surface et utiliser l’espace libéré pour les modes doux et la logistique.

Anne Hidalgo (AH) a vanté le mix fonctionnel et l’émergence d’immeubles de plus de 50m et de tours au sein de l’espace urbain avec pour l’accompagner une logistique diffuse. Si certains des pôles logistiques, tel celui de TAFANEL ou celui de la Chapelle Internationale, ont vu leurs fonctions logistiques conservées, la majorité d’entre eux a vocation à disparaître, à l’image de l’entrepôt Mac Donald, mais aussi prochainement de l’entrepôt NEY.

La candidate ne souhaite plus voir de gros camions et de grands entrepôts au cœur de Paris, ni le développement d’une ceinture logistique autour de Paris mais désire démultiplier les solutions et exploiter davantage les espaces sous-terrains, parkings notamment, et développer des plateformes aux quatre points cardinaux ainsi que des conciergeries en pied d’immeuble. Les emplacements interconnectés avec le fer et le fleuve sont à privilégier.

Le péage urbain ne sera pas mis en place, mais AH voudrait le détournement des camions de transit et atteindre l’objectif de réduire à 50 % la part du diesel dans la logistique urbaine à Paris d’ici à 2017. La commande publique, comme elle l’a fait avec Autolib, devra orienter cette transition.

Les parkings de surface devront rendre de l’espace aux piétons et modes doux mais aussi à la logistique. Les aires de livraison à l’usage mixte logistique/résidentiel en fonction des créneaux horaires seront maintenues et renforcées, avec un contrôle plus strict du respect de leur usage par la préfecture de police.

Nathalie Kosciusko-Morizet

Points clés :

  • Préserver et reconquérir la fonction logistique en ville,
  • Développer des consignes dans les quartiers, gares et nouvelles constructions,
  • Envisager une redevance kilomètrique,
  • Différencier la politique de circulation en fonction de la densité de l’arrondissement,
  • Utiliser l’éco taxe pour financer des aides à l’acquisition de VE et infrastructures,
  • Développer des bonus-malus technique : voies d’accès réservées aux véhicules propres ou livraison de nuit limitée aux véhicules silencieux.

Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) commence son intervention en soulignant que 100 00 m2 de surfaces logistiques ont détruites et seulement 3000 m2 crées, ce qui représente une tendance préoccupante à inverser. Un schéma d’implantation logistique sera réalisé car il est possible de réimplanter la logistique en ville comme l’ont fait Monoprix, Franprix, Géodis, Chronopost… Les sites logistiques devront être préservés et reconquéris suivant plusieurs niveaux logistiques. Des consignes et conciergeries devront être développées dans les quartiers, gares et nouvelles constructions, avec un mode de gestion à déterminer.

Tout comme Anne Hidalgo, NKM est contre le péage urbain et lui préfère une redevance kilométrique d’usage peut être envisageable. En matière de fiscalité, l‘éco taxe et les ZAPA (Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air) doivent être relancées en parallèle : les 18 M d’euros que devraient rapporter l’éco taxe du périphérique à la Ville de Paris pourraient être réutilisés pour les ZAPA. En effet, ils permettraient de financer une aide de 7000€ à l’acquisition de véhicules électriques et bornes de recharge pour les PME, afin de chasser les véhicules les plus polluants de Paris. Les portiques pour l’éco taxe sont d’ailleurs opérationnels sur demande de la Ville de Paris et n’attendent plus que la relance du dispositif, crée à l’époque par NKM, ministre de l’Ecologie.

Plutôt qu’un bonus-malus fiscal, NKM prône un bonus-malus technique sous la forme de voies d’accés réservées aux véhicules propres, la limitation de la livraison de nuit aux véhicules silencieux.

La multimodalité doit être davantage développée. Le Tram et le RER Fret sont des bonnes idées sur le papier, mais difficiles à mettre en œuvre et pas nécessairement souhaitables pour le réseau. Par contre les embranchements ferroviaires doivent être davantages utilisés et une expérimentation du transport fluvial de voitures serait menée, avec pour objectif l’interdiction des portes-voitures routiers.

L’Agora : la parole à Jean Damiens, directeur de l’École Supérieure de Transport (E.S.T.)

Bonjour Jean, alors quoi de neuf du côté de l’E.S.T. ?

Bonjour ! Je dirais qu’après avoir proposé depuis de nombreuses années une formation de manager en transport et logistique avec une approche multimodale et traitant de l’ensemble des dimensions du transport nous la complétons en lançant cette année, pour un démarrage en janvier prochain, un exécutive MBA en transports pour former les dirigeants de demain et perfectionner les cadres supérieurs.

 

Les dirigeants de demain ?

Dirigeants d’entreprises de transport, des prestataires, patrons de Business Unit, de divisions, membres de comité de direction mais également des patrons des transports de sociétés industrielles, de négoce et de distribution, lorsqu’ils souhaitent devenir responsable des transports au-delà d’un département, avec la prise en charge  d’une entité, d’une zone géographique voire au niveau ‘Corporate’ dans les grands groupes.

 

Quelles spécificités à ce MBA ?

L’une des spécificités est que les intervenants sont les dirigeants d’entreprises partenaires et leurs équipes d’expert en poste. À titre d’exemple, nous avons Schneider Electric, Sephora, Vente Privée.com, UPS, Danone, STVA, …elles sont 18 au total. L’idée est vraiment d’aller chercher les meilleures pratiques où elles sont. C’est une offre tout à fait en adéquation avec le besoin, que nous avons identifié sur le marché, et qui intéresse nombre d’anciens diplômés mais également tous les professionnels du transport qui veulent se perfectionner.

 

Cela s’adresse donc aux étudiants en master et à tout professionnel du transport. Vous risquez d’avoir du monde pour cette offre innovante, les postes sur lesquels votre formation débouche sont-ils très demandés ?

Alors, oui, cela s’adresse aux étudiants et professionnels, et ceux qui sont déjà diplômés.  A BAC+5 ou BAC+6, ils ne viendront pas pour le titre mais pour la qualification ; pour cette adéquation avec la réalité du marché. Quant aux demandes, je ne dirais pas qu’il y en a beaucoup au niveau du volume, on est quand même dans le haut de la pyramide managériale, donc ce n’est pas un grand nombre mais c’est une demande certaine.

C’est-à-dire que dans les grandes entreprises on aimerait que les futurs N°1 suivent des formations qui soient « métier », et au-delà des dimensions transport c’est vraiment le caractère « Executive MBA » qui va permettre à ceux qui travaillent chez les prestataires, par exemple, de mieux comprendre les dynamiques et les problématiques supply chain de leur donneur d’ordre. Ça c’est important.

 

Quel sera le contenu des cours ? Qu’est-ce qui différenciera ce MBA d’une école de commerce par exemple ?

Bien sûr, il y a la stratégie de management général et de direction, ce qui confère le caractère « Executive » à ce MBA. Cela dit, la stratégie et les décisions se font dans un environnement donné. Question typique : comment passer d’une stratégie produit à une stratégie de distribution et d’approvisionnement et comment le décliner en terme de transports ? Il s’agit là d’une approche spécifique de la stratégie donc ce que propose ce MBA est d’avoir une approche à la fois stratégique et sectorielle, c’est-à-dire en corrélation avec le métier. On a aussi ce qu’on appelle la boîte à outils du manager mais appliquées par des dirigeants d’entreprise du transport. Par exemple, le module de la gestion de crise sera assurée par le patron d’UPS, ou encore la gestion des ressources humaines sera expliquée par le DRH du groupe Charles André. Il s’agit donc de techniques ou de méthodes que l’on trouverait presque ailleurs mais appliquées par de grands professionnels de nos secteurs, de nos métiers. A cela s’ajoutent des modules qui sont vraiment des modules supply chain et expertise transport mais dans une vision qui est complémentaire à la vision opérationnelle et qui répondent aux questions comme « comment développer tel type d’offre, tel type d’activité ou d’opération au sein de mon entreprise ?».

 

Ça donne vraiment envie d’y aller ! A quel prix peut-on s’offrir une telle formation ?

Nous avons volontairement voulu rendre le MBA abordable, aussi, en comptant l’ensemble des cours ainsi que les sorties internationales, il faut compter environ 22.500€ HT. Il faut dire que nous avons une partie des cours qui seront délivrés chez nos partenaires à l’étranger, je pense ici au hub d’UPS à Cologne et la formation prévoit aussi 4 jours à Tanger avec STVA. Nous en profiterons pour visiter Tanger Med et plusieurs usines bien connues installées là-bas. Par ailleurs, plus de 60% des cours seront dispensés en anglais pour le lancement du MBA. A terme, c’est la totalité de la formation qui devrait être en langue anglaise.

 

Concernant ton métier peux-tu nous en dire deux mots ? Comme chef d’entreprise, comme directeur de l’E.S.T. ?

Pour ce qui est de la direction d’entreprise ce serait long de tout t’expliquer. Avant l’E.S.T. j’ai fait une carrière dans le transport et la logistique dans l’opérationnel,  fonctionnel, formateur, en charge de mises en place informatiques sur des postes variés y compris de manager ou de DG de sociétés service, donc ma vision par rapport à ça est d’avoir capitalisé sur ces acquis et d’avoir voulu les transmettre.

En soit, ce parcours (d’intégration par l’expérience) n’est pas propre à l’E.S.T. car pour moi si on fait de la formation, on fait de la transmission, c’est-à-dire de la transmission de savoir-faire, de savoir être, de techniques, d’approches, de Savoir en général pas que de la « boîte à outils ». D’ailleurs, une spécificité de l’E.S.T. est d’avoir 80% de ses intervenants qui sont des professionnels en poste, c’est donc du vécu que l’on transmet, de la réalité d’entreprise. Il y a un véritable référentiel de compétence, les élèves sont opérationnels sur le marché à leur sortie, qui plus est ceux qui sont déjà en poste. On a par ailleurs un taux de placement sur le marché du travail de 80%, les 20% restant étant d’ailleurs des étudiants qui veulent poursuivre leur formation avec l’acquisition de doubles compétences plutôt que d’intégrer directement le marché.

 

Y a-t-il eu des étapes clés dans ton parcours ?

D’une certaine façon oui, j’ai été formateur de managers et de dirigeants à l’AFT-IFTIM, dirigeant moi-même, ce qui m’a permis d’être connu et reconnu dans mon métier. Au-delà de ça il y a la passion pour la formation. Dans mes activités associatives, comme à l’AETL (Association des Anciens Elèves du Transport et de Logistique) ou à l’ASLOG Association Française pour la Logistique comme vice-président, j’ai toujours eu un œil ou une implication dans la formation. En ce sens, j’étais bien placé pour assumer mes fonctions actuelles.

 

Quelle perspective nouvelle as-tu sur ton avenir par rapport à ce poste et en général ?

Hé bien, entre le suivi des dispositifs mis en place et le lancement du MBA, je pense que les prochains mois seront intenses. Déjà, j’ai renouvelé la certification du titre, j’ai mis en place une V.A.E. (Validation des Acquis de l’Expérience) au sein du parcours E.S.T. ce qui est très intéressant pour les entreprises car c’est une façon pour leur collaborateur d’être reconnu mais aussi d’obtenir des attestation de capacité. Donc si tu ajoutes à cela que les besoins des entreprises sont en évolution notamment sur des collaborations à l’international, nous mettons d’ores et déjà en place des passerelles vers l’étranger avec d’autres établissements pour répondre à cela. Je pense que notre travail n’est pas achevé  et va nécessiter quelques années avant d’autres ambitions !

 

Est-ce que tu as des activités extra-professionnelles que tu pourrais nous faire partager ?

Je participe aux activités associatives de l’ASLOG et de l’AETL, bon certes c’est un peu professionnel. Sinon, lecture, cinéma, ski, randonnée, cuisine pour les amis occupent mes loisirs.. D’autres belles façons de s’occuper.

 

Qu’est-ce que tu penses du réseau TLTE ?

C’est une bonne initiative, par cette filière nous avons pas mal d’anciens qui sont passés par la Sorbonne, et ça se complète bien aussi avec des réseaux comme l’AETL. En tout cas c’est opportun de rassembler ; quitte ensuite à créer des passerelles avec d’autres ! Il y a pas mal de réseaux distincts et c’est vrai que c’est une première étape vers quelque chose qui devrait permettre de  fédérer les acteurs du secteur. Ce qui serait un vrai plus..

 

Qu’est-ce que tu aimerais y voir ?

Pour l’instant, je lance le MBA. Donc comme pour toi, je tisse et je sollicite le réseau pour que l’action fonctionne. Ce qui est intéressant c’est que chacun de ces efforts puissent être les pierres d’un édifice commun.

Tout à fait, nous y travaillons !

Et nous sommes le 28 mars, il est 14:30 et il neige à Paris !


Le Hub : Conférence parlementaire sur les Transports, jeudi 13 décembre

Jeudi 13 décembre se tiendra à la maison de la chimie une conférence parlementaire sur la compétitivité du transport français dans le cadre communautaire, organisée et présidée par Dominique Riquet, député européen, vice-président de la Commission Transports et Armand Jung, député du Bas-Rhin, membre de la commission de l’économie, membre suppléant du Conseil National des Transports.

Ce sera l’occasion pour les intervenants d’évoquer  les grands dossiers nationaux: réforme du système ferroviaire et schéma national des infrastructures de transports mais aussi de s’interroger sur les possibles leviers de compétitivité : mobilité durable et exigences de sécurité.

Interviendront lors de cette conférence :

André Broto, directeur général adjoint en charge de la prospective, Vinci autoroutes
Michel Savy, économiste, directeur de l’Observatoire des politiques et stratégies de transport en Europe
Catherine Suter, avocat à la Cour, professeur à l’école supérieure des transports (EST), conférencière pour l’AFT-IFTIM
Michel Teston, sénateur de l’Ardèche, membre de l’assemblée générale et de la section permanente du Conseil National des Transports
Gilles Savary, député de la Gironde, président de la commission « Le ferroviaire français au cœur de l’Europe » lors des Assises du ferroviaire
Daniel Bursaux, directeur général des infrastructures, des transports et de la mer, ministère de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
Hélène Jacquot-Guimbal, directrice générale, Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux
Pierre Lahutte, vice-président, Iveco Bus Range
Charles Revet, sénateur de la Seine-Maritime, auteur d’un rapport sur « les ports français : de la réforme à la relance »

Jeudi 13 décembre – 9h-16h30
Maison de la Chimie – 28 rue Saint Dominique
Métro : Invalides ou Assemblée Nationale – Paris 7

Plus d’informations: 01 84 16 83 19 – 06 75 02 25 15

Pour vous inscrire:Cliquez ici pour obtenir le bulletin d’inscription à renvoyer, dûment complété, par e-mail à l’adresse inscription@rivington.fr, par fax au 01 84 16 56 58, ou par courrier.

Exposition« Circuler – Quand nos mouvements façonnent les villes » – Palais Chaillot

Du 04 avril 2012 au 26 août 2012, le palais Chaillot nous invite à un voyage dans l’histoire et l’avenir de nos mobilités : Aller ou demeurer, partir ou rester, la vie d’un homme est faite de moments où il circule et de moments où il s’arrête.

Cette exposition nous ramène près de mille ans en arrière, au milieu des voitures à chevaux. Au fur et à mesure du développement de la ville, apparaissent de nouveaux transports, comme le vélo et certains transports en commun. A l’appui de cette chronologie, des montages photos illustrent par exemple, l’impact d’une gare sur le développement d’une ville. Une attention particulière est donnée à la voiture, qui a façonné plus que tout autre tmode les milieux urbains.

Plus largement, « Circuler – Quand nos mouvements façonnent les villes », c’est surtout une occasion d’abord d’apprendre, mais aussi de réfléchir aux évolutions de la ville afin d’améliorer l’ergonomie de nos déplacements.